« La politique est la plus noble des tâches humaines, car elle prend soin du bien de tous. » — Aristote
La dépendance de la France aux hyperscalers étrangers pour son infrastructure numérique.
Eurostat, enquête ICT sur le cloud computing (isoc_cicce_use) · Mise à jour annuelle · API officielle ouverte
Avertissement méthodologique
Ces indicateurs mesurent la diffusion du cloud payant en France, toutes origines confondues (prestataires français, européens et étrangers). Ils ne permettent pas d'isoler la part provenant de fournisseurs étrangers soumis au CLOUD Act. Des données de marchés publics (BOAMP) permettraient une approche plus directe, mais elles nécessitent une revue manuelle systématique avant publication pour éliminer les faux positifs.
La souveraineté technologique désigne la capacité d'un État et de ses acteurs économiques à maîtriser les outils numériques dont ils dépendent. En pratique, la question centrale est celle du cloud : les administrations et les entreprises françaises hébergent une part croissante de leurs données et de leurs applications chez des fournisseurs étrangers — principalement américains (AWS, Microsoft Azure, Google Cloud, Oracle Cloud) — dont les équipes restent exposées au droit extraterritorial américain (CLOUD Act de 2018). Les indicateurs présentés ici mesurent la diffusion du cloud payant dans les entreprises françaises (source Eurostat, enquête ICT annuelle). Ils ne disent pas directement quelle part de ce cloud est fourni par des prestataires étrangers ; pour cela, il faudrait des données de marchés publics (BOAMP) ou de comptabilité nationale non encore disponibles sous forme de série vérifiée.
La dépendance au cloud étranger a trois conséquences concrètes. D'abord, une exposition juridique : les données hébergées chez un hyperscaler américain peuvent être requises par les autorités américaines même si elles concernent des ressortissants européens. Ensuite, une vulnérabilité économique : une décision unilatérale du fournisseur (retrait de service, sanction, changement tarifaire) peut perturber des activités critiques. Enfin, une dépendance stratégique : les technologies d'IA générative et d'analyse de données qui alimentent les décisions publiques et privées sont en grande partie développées et contrôlées depuis les États-Unis. Le label SecNumCloud de l'ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information) est la réponse française : seuls les prestataires qui obtiennent cette qualification garantissent une imperméabilité juridique au droit extraterritorial. En 2026, la liste reste courte ; les offres de « cloud de confiance » comme Bleu (Microsoft/Orange/Capgemini) ou S3NS (Google/Thales) restent adossées à des technologies américaines sous-jacentes.
Le premier indicateur mesure la part des entreprises françaises de 10 salariés ou plus qui achètent au moins un service cloud payant sur internet (e-mail, stockage, logiciels, bases de données, puissance de calcul…). Le second indicateur isole la puissance de calcul cloud (IaaS), le segment le plus stratégique car c'est là que tournent les applications et les modèles d'IA. Ces deux séries proviennent de l'enquête ICT d'Eurostat, conduite tous les ans, sur le périmètre harmonisé UE (hors agriculture et finance). Elles mesurent la diffusion, pas la part de marché en valeur : une entreprise qui dépense 1 000 € par mois compte autant qu'une qui en dépense 1 million. L'absence de 2019 et 2022 dans la série reflète le calendrier d'enquête d'Eurostat, pas une lacune de données.
Part des entreprises françaises de 10 salariés ou plus achetant au moins un service cloud payant (stockage, logiciels, bases de données, puissance de calcul, e-mail…), tous secteurs hors agriculture et finance.
—%
| Période | Valeur (%) |
|---|---|
| 2025 | 40,4 |
| 2023 | 26,8 |
| 2021 | 29,4 |
| 2020 | 26,9 |
| 2018 | 19,4 |
| 2016 | 17,1 |
Part des entreprises françaises de 10 salariés ou plus achetant de la puissance de calcul cloud pour faire tourner leurs propres logiciels — le cœur de l'IaaS, utilisé pour les applications métier et l'IA.
—%
| Période | Valeur (%) |
|---|---|
| 2025 | 13,5 |
| 2023 | 8,3 |
| 2021 | 6,6 |
| 2020 | 6 |
| 2018 | 3,9 |
| 2016 | 3,1 |
Analyses publiées par des tiers privés (think tanks, associations professionnelles, organisations internationales). Elles ne sont pas des données officielles : chaque entrée cite son auteur, sa date et sa méthode. Quand un sujet est disputé, les angles méthodologiques qui se répondent sont affichés ensemble, sans hiérarchie.
À prendre avec précaution — non officiel
Future of Technology Institute (FOTI), rapport « Cloud Defence » relayé par Euronews
Think tank
Angle : Dépendance des systèmes de défense nationale au cloud américain23 des 28 pays européens étudiés dépendent du cloud américain pour leurs applications de défense (directement ou via des prestataires européens) ; 16 classés « à haut risque »
Analyse de marchés publics de défense — méthode reconnue comme partielle par les auteurs (contrats classifiés exclus) ; le PDF du rapport n'étant plus en ligne à la date de revue, la source consultée est l'article d'Euronews
À prendre avec précaution — non officiel
Markess by Exaegis (relayé par Distributique)
Entreprise privée
Angle : Part de marché des hyperscalers dans la croissance du cloud public françaisAWS, Microsoft Azure et Google Cloud ont capté près de 80 % de la croissance 2021 du marché français des infrastructures de cloud public, et 71 % des souscriptions
Étude de marché commerciale — méthodologie non publique en détail, chiffres consultés via un relais média (Distributique) et non l'étude Markess elle-même : à traiter avec la précaution la plus élevée du lot